USA 1948 : déjà !
Ceci ce passait il y a exactement soixante ans : le grand Fernandel et le photographe Philippe Halsman “jouent” une interview dans laquelle l’acteur “répond” par des mimiques aux questions posées. Le livre The Frenchman eut alors un retentissant succès ; Taschen l’a ré-édité en 2005.Voici la réaction du comédien à La Question sur l’art moderne :
L’idée des perles d’ACulture m’est venue avant les vacances. Quelques amis l’ont trouvée drôle et ont manifesté leur envie d’y participer. J’ai décidé de collectionner - grâce à vous tous ! - les textes les plus cuistres, les plus corrects (politiquement), les plus sots, les plus ridicules parus en France sur l’art contemporain (qu’ils soient imprimés ou sur le net) et d’en faire un bouquin, un cruel florilège, une honteuse apothéose !
Attention, tout le monde y passera : ministres, artistes, critiques, marchands, droite et gauche, riches et pauvres… Le Petit Livre Rouge (de Honte et de Mort de Rire) : perles d’ACulture sera signé par D0010 et publié en partenariat avec Face-à-l’Art et les éditions LeLivredArt.com
Nous attendons vos perles. Envoyez-les nous accompagnées de justificatifs : nom de l’auteur, de la publication ou du site, date, contexte… Plus c’est court, mieux c’est ! En attendant la publication du livre, le blog du dessin contemporain, D0010, les mettra en ligne…
Didier Blondeau, artiste indépendant
C’est quelqu’un qui donne envie d’écrire sur lui.
En regardant son travail, je me demande s’il est à l’arrière-garde ou à l’avant-garde. Les deux positions sont respectables. L’une l’est par la fidélité requise, l’autre par le goût de l’aventure. En lisant les brèves notes qu’il laisse sur son site et sur son blog, le personnage semble avoir, à la fois, de l’humour et du bon sens, qualités exceptionnellement rares chez un artiste… car ils sont presque tous - qu’ils soient bons ou mauvais - des autistes prétentieux.
Didier Blondeau est de la race des vrais dessinateurs. Sans geste inutile, sans pose, ses dessins se suffisent à eux-mêmes. Toujours avec un point de départ figuratif, réel, son travail, souvent modeste dans ses dimensions, simple dans ses choix de techniques (encre de Chine, parfois mine de plomb), bouge librement entre le presque trop-plein et le vide, jusqu’aux limites de l’abstrait, sans les franchir. L’artiste semble savoir se contenter de ce qui est, malgré son évidente jeunesse.
Il faut remarquer l’aisance avec laquelle, indifférent aux modes, il assume le dessin ancien, les primitifs italiens, Albrecht Dürer, la photo… dans un jeu de “perçu - aperçu - inaperçu” qui semble guider son travail, travail à la fois si juste et parfaitement européen ! J’aimerais savoir quelle est la stratégie de Didier Blondeau derrière cette indifférence affichée aux modes fatiguées du système du Contemporary Art Super Business…
Pourquoi dessiner ?
Oui, pourquoi ? Puisque dessiner est absurde. Et pourquoi dessiner est-il absurde ? Parce que c’est difficile. Cela prend facilement dix-vingt ans d’apprentissage pour faire un premier vrai dessin. Il faut des bases, faire du drapé au fusain, du nu à la plume… Et parce que la demande est faible… les clients peu nombreux. Et les prix sont si bas !Dessiner est absurde aussi parce que tout le monde dessine : les enfants dessinent parfois même avant de parler. Mais cette manière-là de dessiner, celle de l’enfance, se perd vite. L’innocence disparaît quand l’horizon “entre” dans le dessin. Quand, dans un paysage, le ciel touche la terre au lieu de rester là-haut, inaccessible, avec soleil et avions - et la terre ici-bas, juste bonne pour asseoir maisons et personnages. Quand le petit enfant devient grand, il apprend que le ciel et la terre se rejoignent à l’horizon, que la perspective fait que l’arbre devant est plus grand que celui qui est loin… Et c’est fini ! Le boulot est à recommencer. Et dessiner devient alors une technique de récupération de l’innocence… par d’autres moyens. Cela s’appelle “art”. Et cela prend une vie entière, et puis vous êtes mort et ce n’est toujours pas fini.
Dessiner est absurde parce que le dessin est aride, brut, et n’accroche pas l’oeil. Savez-vous que D0010 est, en France, la seule structure à but non-lucratif exclusivement dédiée au dessin contemporain ? Savez-vous qu’il n’y a, en France, pas une seule galerie, une seule publication destinée exclusivement au dessin d’aujourd’hui, père des arts plastiques ? Après des décennies d’une politique générale de persécution, venant aussi bien (aussi mal) des institutions, de l’État, que des marchands, le dessin devient maintenant objet de mode - et c’est pire qu’avant ! Car aujourd’hui même Madame Messager “dessine” ! Pourquoi pas alors Messieurs Buren et Koons ?!
Le dessin est un “truc” d’illuminés, seuls les orgueilleux sont capables de tant d’humilité ! Juste des lignes, des traits sur une feuille de papier - à l’heure de PhotoShop et du Contemporary Art Super Business, contre Hiroshima et contre Dolly !
Et je vois là les commentateurs d’élite de D0010 aiguisant leurs claviers, dégoupillant leurs écrans ! Demandant des raisons, exigeant des explications ! Pourquoi Hiroshima ? Et Dolly, alors ? Mais qu’est-ce qu’il a contre les brebis ? Et contre les champignons (atomiques peut-être, mais enfin…) ? L’horrible S L M !
Voici ce que j’ai :
Hiroshima est le symbole de la destruction du monde, tandis que Dolly est le symbole de la négation du monde. Avant la fusion nucléaire et après le clônage, le monde n’est plus pareil, et l’Homme n’est plus le même. Tel est aujourd’hui notre monde, le monde dans lequel l’Homme, entre Terre et Ciel, aime, tue, répond au téléphone et dessine. Entre autres.
Voici pourquoi le dessin est essentiel : parce que le dessin est le père des beaux-arts, le tronc commun sans lequel ni peinture, ni sculpture, ni gravure, ni architecture… ne seraient possibles. Parce que tous, les traders, les fous, les enfants, les taulards peuvent se trouver - et se retrouver eux-mêmes - là, entre rêve et réalité, en train de dessiner, en train de regarder un dessin, simplement, directement. Le dessin est l’un de ces miroirs qui montre l’Homme, tel qu’il devient, tel qu’il est en train de devenir, entre Terre et Ciel.
J’ai rencontré, il y a quelques jours, un monsieur qui a presque quatre-vingt-dix ans. Ses ancêtres étaient, je crois, des Croisés. À seize ans, il s’est porté volontaire pour se battre, au début de la Deuxième Guerre mondiale. Il est aujourd’hui Général de parachutistes, après avoir fait, entre autres, la guerre de Corée et l’Indochine… “…mais ce que j’aimerais maintenant, c’est savoir dessiner ! Car vous savez, n’est-ce pas : Soldiers never die, just fade away…”
Et vous-même, cher lecteur, artiste indomptable, collectionneur éclairé, marchand d’élite, pourquoi dessinez-vous ? Pourquoi aimez-vous le dessin ? Pourquoi le vendez-vous, l’achetez-vous ? Pourquoi le montrez-vous ?
Pourquoi ?
Savez-vous pourquoi il n’y a pas d’illustration à ce post ? Pas encore ? Parce que c’est vous qui allez fournir la marchandise ! C’est vous, nobles blogueurs, qui allez envoyer à D0010 (lecercle@d0010.org) vos dessins : votre propre travail si vous êtes artiste, vos trésors cachés (si vous êtes collectionneur) ou visibles (si vous êtes marchand). Vous nous envoyez :
- maximum trois fichiers jpeg d’un poids maximum de 1500Ko (1,5 Mo) chacun;
- résolution 75 à 150 dpi - largeur des l’images 700 - 1000 pixels ;
- accompagnés du 1) nom de l’artiste 2) titre 3) année de création (pièces faites depuis janvier 2000).
Et D0010 choisira ceux qui illustreront le post… à vos risques et périls !
S L M
Corine Girieud : retournons au dessin !
Polémiquer est en soi une activité suffisante pour alimenter un blog, cher SLM. C’est même plaisant. La quantité et la qualité des commentaires laissés par vos lecteurs prouvent, d’ailleurs, que la matière est bien là, dense, d’une grande actualité. Je dois avouer que D0010 n’a jamais sombré dans le règlement de compte ou dans la […]
La théorie du complot
Les étoiles ont disparu
depuis qu’il existe
des réverbères.
Et qu’est-ce qu’un réverbère
sinon un complot
contre la nuit ?
Christian Berst contre les vieux bébés riches !
Recevoir un texte comme celui-ci est inespéré ! Christian Berst est galeriste ; sa galerie - Objet Trouvé - est spécialisée dans l’art brut et outsider… Le débat sur le Contemporary Art Super Business et le krach que nous annonçons pour mai 2009 prend de l’ampleur. D0010 donne la parole à tous ceux qui, qu’ils […]
