Baselitz n’est pas Bourgeois
Sous le titre: “Tendres compulsions (Louise Bourgeois 2)”, Lunettes Rouges fait l’éloge de “…la superbe exposition Louise Bourgeois… ne manquez surtout pas …”, puis nous raconte “de grandes feuilles de papier tout autour de la salle, avec des dessins.”. “Cette série de mains rouges couvre tout un mur. 10AM is when you come to me. Chaque matin, à 10h, depuis trente ans, son assistant Jerry Gorovoy vient la rejoindre. On le voit dans le film* plein d’attention, de respect, mais aussi de fermeté et de soutien. Leurs mains ici dessinées sont un des plus beaux témoignages d’amitié qu’on puisse imaginer.”
Or, cher Lunettes, le texte est joli, sensible, mais ce ne sont pas des dessins (le dessin c’est du trait, n’est ce pas?). Le fait que ce soit fait sur papier ne suffit pas a transformer des aplats de gouache, fusse t-elle acrylique - oribile dictu, en dessin… D’ailleurs, Philippe Dagen, parle, lui, d’une “suite de quarante peintures sur un motif unique, les mains de l’artiste…“, gouaches bien médiocres, d’ailleurs, si vous ignorez la magie de la célèbre signature.
Mais nous sommes ici pour parler de Georg Baselitz Remix. Car, tandis que Louise fait du Bourgeois - ce qui est parfaitement légitime - Herr Professor Baselitz reconstruit le monde. Face au sujet préféré de Madame Louise (moi-je-moi-je-sans-oublier-mon-enfance), Georg Baselitz est un témoin de l’Histoire. C’est en quoi il n’est pas moderne: Georg Baselitz n’est pas une victime. Or, il est à la mode de l’être. Et quelle victime est plus victime qu’une célèbre new-yorkaise qui a tant souffert dans son enfance?
Et les Héros si romantiques de Baselitz ne sont plus dessinés la tête en bas. Le jeune homme, né pendant la Seconde Guerre Mondiale, apaisé, enchante le monde, le monde tel qu’il est, et se laisse enchanter par lui.
Mais, pour finir, il y a une chose - et une seule - que je ne peux pardonner au Maître: il travaille avec des gants en latex!
Commentaires
6 Réponses à “Baselitz n’est pas Bourgeois”
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Vous avez tout à fait raison… et j’en déduis donc qu’au Salon du Dessin vous n’admettrez ni gouache, ni aquarelle.
Par ailleurs, mon expression “de grandes feuilles de papier tout autour de la salle, avec des dessins” que vous citez ici ambiguëment ne s’applique pas à la série que vous mentionnez et montrez, mais à une autre.
LR: “…et j’en déduis donc qu’au Salon du Dessin vous n’admettrez ni gouache, ni aquarelle.”
SLM: le piège se referme sur nous…
Intéressante remarque.
LR: Par ailleurs, mon expression “de grandes feuilles de papier tout autour de la salle, avec des dessins” que vous citez ici ambiguëment ne s’applique pas à la série que vous mentionnez et montrez, mais à une autre.
SLM: Jamais, Monsieur, jamais nous ne trahirons les règles du jeu. Vous êtes un maître, nous sommes des révolutionnaires.
Cher Lunettes Rouges, nous sommes si fiers de votre commentaire! C’est un honneur. Merci!
Cher Révolutionnaire
Hasta la victoria, sempre !
L’art fait débat …
Bien, c’est avec prudence que je me permets de participer pour saluer l’article de Lunettes Rouges qui me donne encore plus envie de courir voir l’expo Louise Bourgeois (je n’en ai vue jusqu’à présent que Maman aux Tuileries).
Et de saluer à nouveau l’expo Baselitz chez Ropac, que je trouve éblouissante de noirceur.
Quant aux provocations de SLM, je ne doute pas qu’il est le premier à s’en amuser.
Isaac, je ne suis pas un amuseur - l’êtes-vous?
Je ne suis qu’un révolutionnaire; désolé de vous décevoir.
Quant à vos prudences, je pense que vous êtes capable de mieux.
Prouvez-le. D’avance, merci.
Votre serviteur.
je ne réponds pas aux injonctions des révolutionnaires, je m’en tiendrai donc là
