L’Apocalypse des icônes mondiales

Nous sommes à la veille d’un crach du contemporary art business mondial de proportions jamais vues dans l’Histoire. Ce crach devrait démarrer à partir de mai 2009

Le Pouvoir et ses Icônes sont mon thème de travail depuis 1997.
De 1997 et jusqu’en 2004 : l’argent, avec Art Dollar. En 2006 - 2007 : les armes, avec Guns (Loaded?). En 2008 : la main, le symbole à la fois du pouvoir et du destin.

L’abbé Pétroniu, du Mont Athos, à propos d’Art Dollar (1997) :
“(…) D’habitude, les icônes représentent des saints, le visage de notre Seigneur. Mais vous vivez dans le monde capitaliste où l’argent est Dieu et le Dollar la divinité suprême. Et que pouvez-vous faire , sinon peindre le dieu du monde dans lequel vous vivez ? (…)”

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Icône Blindée: billet de 1$ enluminé selon la tradition byzantine, pigment noir d’ivoire, feuilles d’or et de palladium, dans une châsse d’acier. Collection privée. Photographie de Nicolas Pfeiffer

La question du spectaculaire dans l’art a cessé de se poser le 11 septembre 2001, quand le spectacle de la réalité a dépassé la réalité du spectacle. Le virtuel est venu ce jour-là remplacer la réalité.

La Première Icône Mondiale du vingt et unième siècle : 9/11

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La Seconde Icône Mondiale : For the love of God de Damien Hirst vient d’être vendue cent millions de dollars, un crâne en platine et diamants, grandeur nature.

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C’est bien que cet objet existe, c’est bien qu’il soit vendu à ce prix, c’est bien qu’il porte ce titre. La Mort, Dieu, le Luxe, les Pirates, Golgotha et les SS, et le crâne de Monsieur Pinault : l’apothéose du art business, la Révélation des Mystères. L’Apocalypse… Now. Crash, cash and carry. L’art aurait cessé d’exister (?!) et le précieux cadavre de l’art serait à vendre (?!). Et personne ne peut feindre la surprise devant cet inventaire : Monsieur Marcel R. Mutt nous avait bien prévenus - car, selon moi, il s’agissait bien d’une mise en garde - avec sa Fontaine.

” Essayez donc un peu d’aimer pendant un tremblement de terre.” disait Marina Tsvetaïeva (Carnet 5, 1918). C’est précisément ce qu’essaie le dessin - le dessin essaie d’aimer pendant le tremblement de terre, puisque le complot de la transformation de l’argent en art (Art Dollar) a échoué.

Monsieur Hirst, le businessman et Monsieur Pinault, l’artiste, jouent au golf dans un champ de mines.


Commentaires

20 Réponses à “L’Apocalypse des icônes mondiales”

  1. Maria de Oliveira le 8 juin, 2008 18:24

    j’aime bien ce papier, néanmoins, il n’ y pas que leurs pieds qui fouleront le terrain miné… qu’adviendra-t-il des spect-acteurs que nous sommes lorsque leur balles, sous nos yeux, exploseront à notre portée?

  2. Buzz l’eclair le 8 juin, 2008 18:49

    Bon article.
    apocalypse : dévoilement.

    5 paires de mains
    comme les 5 doigts de la main
    qui se rencontrent et forment un cercle
    une famille

    Aimer Dieu et le papier

  3. S L M le 8 juin, 2008 20:04

    À qui répondre ?

    À Marie de Oliveira - qui parle des pieds ?

    Où à Monsieur Éclair - qui parle des mains (et de Dieu, et du papier) ?

    Maria : les mines, quand elles explosent, ce ne sont pas des “balles” qui partent dans tous les sens, mais des éclats (bien plus performants, car, de par leur configuration irrégulière, arrachent bien mieux tendons, chaires, os). Et cela fait des blessés graves, chers à soigner, mauvais pour l’adversaire, excellent pour le poseur (de mines). Puisque la guerre n’est que la continuation du commerce par d’autres moyens… (oui, je sais, j’ai - à peine - corrigé la citation d’origine).

    Buzz, “apocalypse” est “dévoilement”, oui, mais, avant tout “révélation”. Le terme est plus catégorique, n’est-ce pas ? Mais vous avez compris le sens constructif (fondateur) du propos… et le reste est de peu d’importance. Ad majorem… et caetera.

  4. Maria de Oliveira le 8 juin, 2008 20:45

    je sais bien ce que font les mines… mous m’avez mal lue…
    comme je sais que même dans les terrains de golfe les plus chics il y a toujours ceux qui observent et parfois ils sont si près de *la scène*…

    ma question était donc posée en connaissance de cause…

    je me demandais juste si vous aviez une réponse un peu plus joyeuse pour nous tous

  5. Maria de Oliveira le 8 juin, 2008 20:48

    là c ‘est moi qui a fait une faute de frappe, désolée,

    …vous m’avez mal lue…

  6. S L M le 8 juin, 2008 20:56

    Mille pardons, Maria ! Je suis un cuistre ! Oubliez ma “leçon” sur les mines anti-personnel.

    Voilà : je crois que rien ne peut rien contre le coeur. Je crois qu’au début était le sentiment. Je crois que nous allons chanter et danser mille ans - cent mille ans après l’extinction du dernier terminal informatique… À condition que nous soyons prêts à payer le prix.

    D’accord ?

  7. Buzz l’eclair le 9 juin, 2008 5:10

    Giotto peignait sur les murs à destination de ceux qui ne savent pas lire
    Le dessin contemporain doit il se destiner à ceux qui ne savent que regarder des images……..désincarnées
    si l’art est devenu un cadavre
    le dessin est vivant!
    l’humilité vaincra

  8. Marie Sallantin le 9 juin, 2008 8:39

    “Nous sommes à la veille d’un crach du contemporary art business mondial ” OUi Serghei! Réveillons-nous…Se nourrir du cadavre de l’art en le gonflant de fric et de media ça ne dure qu’un temps!
    Nous sommes dans l’étape qui suit la mort de l’art , dit Aude de Kerros, après l’abattage de l’ arbre “lorsque les organismes saprophytes se nourrissent du cadavre et le recyclent.”
    citation extraite d’un article sur l’exposition de Beaubourg, traces du Sacré
    http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article.php?id=2221& Et puis c’est complètement dans les aptitudes d’une administration française qui, oubliant sa tâche, fait l’artiste… là ils sont “bons”. Alors BON APPETIT!

  9. Marie Sallantin le 9 juin, 2008 8:52

    Ah! j’oubliais le ver géant de Jan Fabre …bien nourri celui-là aussi!
    C’est que l’artiste du star system ne choisit pas n’importe quel resto. Le Louvre mon cher…
    On devrait rédiger “le guide du saprophyte” pour mieux comprendre l’AC et ses réseaux.

  10. Corine Girieud le 9 juin, 2008 10:02

    Il n’y a pas longtemps, souvenez-vous, la mode était aux pantalons taille basse. Il était de bon ton de montrer ses sous-vêtements (les plus minis possible) en se penchant. Un couturier avait expliqué à la radio que si les tailles continuaient à baisser, alors les pantalons ne rempliraient plus leur fonction qui reste, quand même, pour l’essentiel, de couvrir nos postérieurs. De là sa conclusion : les tailles ne pouvaient que remonter, voire devenir très hautes par retour de balancier.
    Ne croyez pas que je m’égare. Je pense souvent à ce raisonnement, pauvre intellectuelle précaire que je suis, entourée de nombreux autres intellectuels précaires et d’artistes peu fortunés. Notre matière grise et notre art ne peuvent être indéfiniment sous-estimés et sous-évalués. Le retour de balancier va arriver.
    Et au risque de passer pour une intellectuelle précaire ET naïve, j’ajouterai que j’en suis persuadée !

  11. yomgui le 9 juin, 2008 13:57

    j’espère que cela va arriver un jour, ce retour des vrais valeurs ….. Oups j’ai l’impression de parler comme un vieux schnock. reformulons: si tout va bien , à un moment donné il va falloir se poser des questions sur la valeur intrinsèque et la porté des œuvres du contemporary art business.
    et pas des questions du genre combien ?

  12. S L M le 11 juin, 2008 21:48

    Guillaume, la question n’est plus “combien ?”, mais “combien encore plus ?”.

    “Toujours plus”, comme disait un pauvre premier ministre suicidé d’une balle à dix mètres.

  13. Corine Girieud le 12 juin, 2008 9:48

    “Il serait temps de renoncer à cette conception cynique de l’artiste misérable ne pouvant enfanter son art que dans le dénuement.”
    André Bloc, Editorial d’”Aujourd’hui : Art et Architecture”, janvier 1955.
    Oui, il serait temps !

  14. yomgui alias guillaume le 12 juin, 2008 14:41

    oui c’est vrai arrêtons d’être misérable.
    arrêtons les lamentations et passons à l’action.
    prenons le pouvoir! rentrons dans le système!

  15. S L M le 15 juin, 2008 20:45

    Guillaume dit:
    “prenons le pouvoir! rentrons dans le système!”

    Hélas, cela a déjà était fait ; regardez la classe politique actuelle…

    Blogueurs, allez sur le site de Guillaume : il travaille bien, il est sincère - il est démodé… et c’est un compliment. Out of fashion - sorti du Système.

    http://www.guillaumelebourg.com

    S L M

  16. Manuel Montero le 18 juin, 2008 1:11

    Je me suis mis à peindre des portraits de gens intéressants que je rencontre. Je pense que cette vielle cérémonie de la pose (de même, permettez moi l’analogie, que la vielle cérémonie du coït pour ce qui touche à l’amour) est très stimulante pour que la peinture redevienne un art à part entière. Je pense qu’il faut pour chaque génération rédecouvrir les rituels propres à l’art universel, au lieu de devenir la façade de l’industrie audiovisuel ou machinchose. C’est sur mon blog (la série de portraits, je veux dire).

  17. Un krach de l’art contemporain en mai 2009? | Face à l’Art - Paris le 24 juin, 2008 9:58

    […] Litvin Manoliu annonce un krach de l’art contemporain en mai 2009 sur le blog D0010  Comment cela va-t-il se passer? Quels en seront les scenari? Le grand jeu de l’été 2008 […]

  18. guillaume le 7 juillet, 2008 18:42

    mais au fait pourquoi en mai 2009 ?

  19. S L M le 7 juillet, 2008 19:19

    J’aime - c’est mon côté romantique - ne pas être déçu !

    Guillaume me poursuit de ses questions, il me poursuit … de sa vie qui commence.

    Guillaume, surtout n’arrête pas de poser des questions : seuls les vivants en posent ! Les morts : jamais ! C’est à celà même qu’on les reconnaît (les morts) : les morts c’est comme les cons : ça ne pose jamais des questions, (les morts) !

    D’habitude, c’est moi qui pose les questions. Mais, ce soir, exceptionnellement, je répondrais - en partie - à sa question : les révolutions coûtent fort cher (c’est un luxe de riche, les révolutions) et il faus ab-so-lu-ment une météo agréable. Les foules aiment le soleil - c’est pourquoi il n’y aura Jamais de révolution “scandinave”…

    Assez pour ce soir.

  20. guillaume le 9 juillet, 2008 20:58

    la question que je me posai est : pourquoi l’année prochaine? pourquoi pas en octobre 2008 par exemple?
    la révolution roumaine a bien eu lieu en décembre?
    ha oui une révolution au printemps, les jupes des filles, mai 68….le problème est que mai 68 n’a plus vraiment de signification. si ce n’est pour le souvenir de vieux qui au final, à part de pouvoir baiser plus tranquille, n’ont pas changer grand chose.

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